Ceci est une montre. On pourrait en effet parodier le peintre Magritte pour présenter le projet d’expérimentation « montre verte » initié par la Fing (Fondation internet nouvelle génération) dans le cadre de son programme Villes 2.0 sur les mutations des villes et des technologies. « Imaginez une montre qui fait montre, qui dispose d’un GPS et de toutes sortes de capteurs pour mesurer le mouvement, le bruit, la teneur de telles ou telles particules dans l’atmosphère… », décrit Daniel Kaplan, délégué général de la Fing, dans une web vidéo de présentation de la montre verte.
Destinée à mesurer la pollution à l’intérieur des villes, cette montre va être mise dans un premier temps à la disposition des parisiens qui souhaitent se prêter à l’expérimentation. Munie de ses différents capteurs et de son GPS, elle permettra d’effectuer toute une panoplie de micros mesures locales de pollution. Ces données seront ensuite transmises, soit en temps réel soit de façon synchronisée, à un serveur central. Plate-forme ouverte de stockage et de publication, ce serveur ne recueillera pas seulement des données environnementales. Il contiendra également des données sociologiques, économiques ou artistiques en provenance, en particulier, des autres projets du programme Villes 2.0. Mises dans un pot commun, toutes ces données seront à la disposition aussi bien des industriels que du public. L’objectif étant, à travers le brassage et le partage des données, d’imaginer de nouveaux services, par exemple des itinéraires urbains privilégiant le silence ou bien la pureté de l’air. Mais cela pourra être aussi l’invention de nouvelles cartographies urbaines enrichies d’informations sociologiques, environnementales ou ludiques.
Trois grands types de partenaires collaborent au projet. La première catégorie regroupe le Conseil Régional Ile de France, la Fing et les universitaires de Paris1 et Paris 8 réunis dans le projet de recherche CITU. Tous veulent combler la fracture numérique en créant des dynamiques de communauté au sein de la population. Les deuxièmes, SFR et Altran, cherchent à la fois des nouveaux marchés et des idées de services innovants. Enfin les deux petites entreprises high tech de la troisième famille, Xilabs et Fabernovel, testent leurs nouveaux services et nouveaux produits auprès du public.
Andrée Muller - Journaliste, écrivain - Auteure de La net économie, PUF 2007, collection Que sais-je ?











