La réponse est évidente pour beaucoup : le péage urbain des agglomérations devrait en effet réduire la pollution. Pourtant, depuis plusieurs années, il fait grincer des dents. Les horodateurs sont cause de frictions entre automobilistes et municipalités. Jusqu'aux constructeurs d'automobiles qui s'indignent des mesures de restriction de circulation en agglomération imposées par le péage urbain aux abords des centres-villes.
Mais quel est exactement l'impact sur l'environnement des boulevards périphériques, des péages et aires de stationnement qui confinent les véhicules sur un même territoire ?
Une étude réalisée par le Groupe d'Etudes Environnemental de l'Université de Londres vient de faire un constat inquiétant : s'il est vrai que la pollution est légèrement en baisse dans les centres-villes réglementés, il s'avère que les zones de stationnement et de passage sont en augmentation réelle de gaz carbonique dans l'atmosphère.
En rassemblant les véhicules sur un même périmètre, l'effet de pollution de l'air a un impact tout aussi désastreux, déclarent certains opposants au péage. Malgré la baisse d'émission de CO2 dans les villes ayant appliqué cette mesure, il est déploré que cette solution n'apporte pas les résultats espérés et que la pollution accumulée sur certaines zones périphériques devient inquiétante.
Si l'on en croit les statistiques des chercheurs britanniques, d'ici 2012, la hausse des émissions de gaz carbonique à l'extérieur de Londres serait de près de 184 000 tonnes, comparativement à une réduction de 2200 tonnes seulement pour le centre-ville.
L'étude est alarmante. L'objectif principal, même s'il est partiellement atteint en centre-ville, est loin de donner l'assurance d'une protection efficace pour l'environnement.
Par ailleurs, la population limitrophe des villes commence à s'inquiéter de l'impact sur la santé publique. En effet, la circulation devient beaucoup plus intense à l'entrée et aux abords des grandes agglomérations à péage en raison des véhicules qui contournent les accès payants. Ils parcourent une distance plus grande, donc polluent plus.
De plus, les automobilistes ont également constaté qu'en évitant le péage l'augmentation de la consommation de carburant engendrée par le contournement de la zone payante ne leur faisait pas réaliser une réelle économie. Il est donc à craindre que le péage devienne leur seule alternative pour rejoindre les centres-villes et que l'économie de nuisances à l'environnement des aires de stationnement soit reléguée au second plan.










