Des prix cassés. Le prix de l'occasion étant moins cher que le prix du neuf, il est évident que, d'une certaine façon, la Fnac organise elle même sa propre concurrence sur son propre site. Cherchant par cette place de marché à attirer le maximum d'internautes, elle adopte aussi un autre modèle économique. Comme pour EbayAmazon ou PriceMinister, les vendeurs et acheteurs entrent en contact via la place de marché électronique d'un cyber marchand qui se rémunère à la commission, au titre d'intermédiaire de vente. Pour les produits d'occasion, Fnac.com a fixé le montant de cette commission à 12 % en moyenne du prix de l'article : 14 % pour un produit dont le prix est inférieur à 50 euros, 12 % si son prix est compris entre 50,1 et 200 euros et 10 % au-delà de 200 euros. En revanche, les vendeurs n'ont pas à payer de frais d'abonnement à la place de marché, la mise en vente proprement dite est gratuite.
Les ventes de produits d'occasion sur internet se multiplientSur les six premiers mois de l'année, le montant total des ventes en ligne est estimé à 11,3 milliards d'euros par la Fevad (Fédération du e-commerce et de la vente à distance).?Et selon cette organisation professionnelle, le maintien au second semestre d'une croissance de 25 % devrait permettre d'atteindre un chiffre d'affaires de 25 milliards sur l'année ! Sur ce marché global du e-commerce, les responsables de la Fnac estiment que la part du « seconde main » en France (hors automobile et textile) représente environ 3 milliards d'euros. Sont inclues dans ce marché, aussi bien les ventes de produits d'occasion de particuliers à particuliers que de professionnels à particuliers - on parle de « C to C » (consumer to consumer) pour les ventes de particuliers à particuliers, et de « B to C » (business to consumer) pour celles de professionnels à particuliers. Prix fixes ou enchères ? Les deux principes cohabitent sur certaines places de marché, eBay par exemple. D'autres au contraire ne fonctionnent qu'à prix fixe comme, Amazon, PriceMinister, ou encore2xmoinscher, place de marché rachetée récemment par le groupe 3 Suisses International
La place de marché électronique, un principe vieux de plus de dix ans. Nées aux États-Unis à la fin des années 1990, les places de marché électroniques sont organisées sur le principe du courtage financier : elles se rémunèrent en prélevant une commission sur chaque transaction qui transite sur leur site. L'une des premières d'entre elles a été créée en 1999 par le constructeur d'automobiles Ford et l'éditeur de logiciels de gestion de base de données Oracle. L'objet de cette place de marché était de devenir un lieu de transaction pour tous les équipementiers et les sous-traitants du monde susceptibles de répondre aux appels d'offre du constructeur automobile américain. Il existe ainsi plusieurs types de places de marché électroniques. Les premières, à l'image de celle de Ford, sont des places de marché « B to B » (pour business to business) construites par des groupes industriels. Elles sont destinées à servir de lieu de négociation unique à l'ensemble de leurs fournisseurs. C'est pourquoi on leur donne parfois aussi le nom de « portail industriel ». La deuxième catégorie rassemble les « places de marché sectorielles » qui s'adressent à une profession donnée ou à une filière économique précise. Parmi ces dernières, celles dédiées à l'achat et à la vente de fournitures de bureau (e. procurement) ont connu le succès le plus rapide. Enfin, la troisième catégorie regroupe les places de marché de détail ouvertes aux particuliers, dont les plus connues en France sont Amazon, eBay, PriceMinister... Mais, quelle que soit sa catégorie d'appartenance, une place de marché électronique utilise toujours les trois principales caractéristiques d'internet : l'ouverture, la facilité d'utilisation et la gratuité du réseau.
Andrée Muller - Journaliste, écrivain - Auteure de La net économie, PUF 2007, collection Que sais-je ?











