Le compagnon de jeux. Il se passe aujourd'hui en robotique un phénomène identique à celui de la micro-informatique dans les années 1970-80 : les fans de robots construisent eux même leurs compagnons fétiches. Ils achètent des pièces détachées, les montent et programment le tout. C'est sur ce créneau de la facilité de programmation que Jean-Christophe Baillie, enseignant chercheur à l'Ensta, a créé la société Gostai. Son idée ? Proposer à tous les fans de robotique l'interface logicielle universelle Urbi. Sorte de Windows de la robotique, ce système d'exploitation fonctionne sur n'importe quel robot, à partir de toute plate forme (PC, Mac,...). Il permet de personnaliser facilement son robot en ajoutant toute sorte de composants (vision, voix, planification du parcours,...) soit à bord du robot, soit à distance via le réseau sans fil WiFi. Son marché couvre tous ces robots personnels dont Bruno Bonnell prévoit l'explosion d'ici quelques années. Mais pour Jean-Christophe Baillie, ce sont parmi eux les robots compagnons qui se développeront le plus rapidement, car ils offrent l'énorme avantage de simuler des sentiments. Tout robot qu'il soit, le petit chien qui tourne la tête pour suivre une balle ou un visage du regard contient un potentiel émotionnel énorme. Encore totalement inexploité...
L'assistant ménager. Comparé au robot compagnon de Jean-Christophe Baillie, le robot ménager présente quant à lui l'avantage de l'utilité concrète. Il tond la pelouse, passe l'aspirateur ou encore ramasse des radis (voir article Un robot pour arracher les radis publié dans MaNews). Selon Bruno Bonnell, ces robots ménagers sont dores et déjà entrés dans nos foyers. Ainsi donne-t-il l'exemple des 100 000 Roomba vendu en France par sa société Robopolis. Sorte de soucoupe non volante, ce robot nettoie automatiquement les sols et les parquets en trouvant son chemin toute seul. Pour se faire une idée de l'explosion de cette robotique d'assistance, on peut aussi aller voir le site internet robotshop. On peut même y trouver des robots en solde comme la tondeuse-robot LawnBott, à 1 400 dollars.
Le guerrier. Moins connus du grand public, cette dernière catégorie de robots occupe néanmoins une place importante dans la société actuelle. Le dernier modèle en date a été conçu à la demande du ministère Russe de l'Intérieur. Ce robot policier est armé et peut tirer sur les malfaiteurs ou les terroristes se trouvant dans son champ d'action. Muni d'un haut parleur, il peut aussi établir le dialogue.?Né dans une usine de Kovrov (ville située à 250 Km à l'est de Moscou), ce n'est pour l'heure qu'un prototype. Mais il préfigure ce que pourrait être le robot gardien du futur : télécommande active jusqu'à 200 m de distance, joysticks pour ajuster le déplacement et le tir, autonomie de deux heures trente assurée par une batterie embarquée... Son principal concurrent est le Talon SWAT/MP américain. Ce dernier a conquis ses galons à l'occasion d'une opération où lui seul pouvait intervenir du fait de la toxicité de l'air. Il a déjà été aussi utilisé à des fins militaires, en Irak en particulier.
Andrée Muller - Journaliste, écrivain - Auteure de La net économie, PUF 2007, collection Que sais-je ?











