Autodéfense et révolution numérique

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Dimanche 5 Février 2012
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Autodéfense et révolution numérique
Les services numériques promettant surveillance, protection et inspection se multiplient. Petit tour d'horizon de ces outils d'autodéfense à la mode du « faites-le vous même ».
 L'homo numericus aurait-il la capacité d'assurer sa défense et celle de ses propres biens ? Difficile de répondre. Mais une chose au moins est sûre : les services d'authentification et de surveillance réservés il y a quelques années à peine aux professionnels sont à présent à la portée de tous, autant en terme de prix que de facilité d'usage. Première conséquence : les technologies numériques d'autodéfense nous amènent aujourd'hui un peu plus loin dans la société de contractualisation.

Prouver sa bonne foi Vendue 1,59 euros pour deux photos sur l'App Store d'Apple la nouvelle version de Shoot&Proof certifie les photos numériques prises avec un iPhone. Cette application transforme un smartphone (téléphone mobile intelligent) en générateur de preuves légales. Elle permet de produire des photos certifiées ayant force probante en justice. Comment ça marche ?L'utilisateur prend des photos avec son mobile, choisit celles qu'il veut certifier, les envoie par mail, puis les récupère une fois certifiées sur son téléphone ou sur un espace internet dédié. Et à tout moment, il peut recharger son crédit de photos directement sur le site internet de Codasystem. Développeur de l'application, cette PME française créée en 2002 emploie dix huit salariés, dont dix en R&D. Les photos sont tatouées, cryptées, stockées, géolocalisées et horodatées. On peut donc prouver où la photo a été prise, quand et par qui, mais surtout qu'elle n'a pas été falsifiée. L'observation la plus étonnante dans cette affaire ? Brevetée au niveau mondial, cette application est une alternative légale aux moyens lourds et coûteux des traditionnels constats légaux utilisés par les huissiers et les experts.

Surveiller son appartement. L'autodéfense relève aussi de l'auto-protection. Or, là aussi moins chers parce qu'automatisés et miniaturisés, les outils des professionnels arrivent aujourd'hui dans nos maisons : testé par l'Atelier SFR, laboratoire participatif de l'opérateur de téléphonie mobile, SFR Homescope est un service de télésurveillance commercialisé auprès des particuliers. Comment ça marche ? Une ou plusieurs webcams se commandent à distance à l'aide d'un téléphone mobile, ou via internet. En mesure de filmer dans toutes les directions et munie d'un détecteur de mouvements, la caméra est reliée en Wi-Fi (réseau informatique sans fil) à une box ADSL. Et lorsqu'elle détecte une présence, elle filme et sonne l'alerte via la box, par SMS ou e-mail. Bien sûr, s'ajoutera au coût de la caméra (149 euros) celui du service SFR Homescope (9 euros par mois).

Identifier ses biens. Autre service expérimenté par l'Atelier SFR : l'étiquette « sticknwizz » mettant en relation le propriétaire d'un objet perdu avec la personne qui le retrouve. Actuellement en test, ce service est réservé aux abonnées de l'opérateur. Principe de fonctionnement : toute personne inscrite au bêta-test reçoit par SMS un code promotionnel lui permettant de commander gratuitement des étiquettes « Atelier SFR sticknwizz » sur le site du partenaire de l'opération (www.sticknwizz.com). Quelques jours plus tard, elle reçoit par la poste une vingtaine d'étiquettes à coller sur les objets de son choix : téléphone, baladeur, pièce d'identité, clés... Ces étiquettes qui ont une validité d'un an, correspondant à la durée de l'abonnement au service, sont munies d'un numéro personnel. La personne trouvant l'objet perdu pourra donc au cours de cette période saisir ce numéro sur le serveur vocal ou sur le site internet du service. Aucune identité ni numéro de téléphone ne seront dévoilés. Mais un SMS et un email d'alerte indiqueront au propriétaire que sont objet a été retrouvé, et qu'il peut prendre contact avec la personne qui l'a retrouvé...


Andrée Muller - Journaliste, écrivain - Auteure de La net économie, PUF 2007, collection Que sais-je ? 




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