Pas plus gros qu'un paquet de cartes, ce capteur est un petit appareil
électronique qui se porte autour du cou, comme un badge d'identification. Il
contient un accéléromètre qui mesure les mouvements, un micro qui enregistre
les discussions et analyse l'intonation et le débit de la voix, une liaison
radio Bluetooth qui identifie les autres personnes munies d'un capteur identique
et situées à proximité. Enfin, ce capteur possède aussi, bien sur, un système
infrarouge qui détecte les relations de face à face.
Le résultat ? Les employés de bureau qui prennent le temps de discuter en
face à face avec leurs collègues sont beaucoup plus productifs que ceux qui utilisent
uniquement l'e-mail, le téléphone ou Facebook. De plus, ces relations directes seraient
particulièrement fortes au cours des temps de pause. Ainsi Sandy Pentland, professeur
au MIT Media Lab qui a dirigé l'étude, conseille-t-il aux responsables d'entreprises
ou d'organisations de se servir des résultats de ces travaux pour repenser les
temps de pause de leurs salariés. Son idée maîtresse est en effet que les
humains sont avant tout des êtres sociaux. Ils utilisent de nombreux signaux
physiques pour communiquer, par exemple le langage corporel ou l'expression du
visage. Signes que les technologies actuelles ont encore beaucoup de mal à prendre
en compte...
Toutefois,
l'ensemble des résultats de cette expérimentation n'a donné lieu pour l'instant
à aucune publication scientifique. Mais ces premières observations confirment
les conclusions d'une recherche précédente publiée en Décembre dernier par la
même équipe de recherche. Cette étude avait été menée au sein d'une société d'informatique.
Elle avait montré que les salariés entretenant des relations directes étaient
plus productifs (d'environ 30%) que ceux communiquant via les réseaux
informatiques.
Andrée Muller
- Journaliste, écrivain - Auteure de La net économie,
PUF 2007, collection Que sais-je ?











