On se parle autant qu'il y a 25 ans. Non, l'usage des technologies ne conduit pas spécialement à l'isolement. Telle est la deuxième idée reçue mise à mal par l'enquête : il n'y a pas, globalement, plus d'Américains isolés qu'au milieu des années 1980. Les proportions sont restées à peu près les mêmes, soit 6 % d'adultes ne parlant jamais à personne et 12 % n'ayant pas de confident. Il s'agit là de la population générale, car bien sûr le réseau de relations sociales de ceux qui possèdent un téléphone mobile, échangent des photos sur internet ou s'envoient des e-mails est plus important que celui des autres.
Le réseau de socialisation s'étend au-delà de la famille. Les internautes et les accros du téléphone mobile bénéficient également d'un réseau de contacts plus diversifié que les autres. La majorité d'entre eux (55 %) discutent sur des sujets importants avec des personnes extérieures à leur famille, contre seulement 45 % pour les autres Américains.
On outrepasse certains clivages sociaux. Là encore c'est la surprise. On aurait pu s'attendre à un repli communautaire. Or, on constate inversement une certaine ouverture des internautes comparé au reste de la population : ceux qui échangent des photos en ligne sont proportionnellement plus nombreux que les autres (+ 61 % ) à discuter avec des opposants politiques. Mieux encore, un nombre plus grand d'entre eux (+ 53 %) se confie à des personnes dont la couleur de peau est différente.
Parcs et cafés ne se désertent pas. C'est peut être l'un des bien fait du Wi-fi ? Quoi qu'il en soit, l'étude montre que les internautes ne restent pas derrière leur clavier: Ils sont bien au contraire 40 % plus nombreux à fréquenter les parcs, les cafés et même les bibliothèques. Un bémol toutefois : le fait d'être membre de Facebook, Twitter, MySpace ou encore LinkedIn diminue les échanges entre voisins de palier.
Andrée Muller - Journaliste, écrivain - Auteure de La net économie, PUF 2007, collection Que sais-je ?











