Pour cette vingt-deuxième édition de son palmarès de la pub, Ipsos a testé plus de 1500 campagnes de publicité diffusées en 2008 à la télévision, à la radio ou par affichage. Différents suivant les médias, les indicateurs de performance retenus associent toujours, néanmoins, attrait de la publicité et mémorisation de la marque. Au-delà du constat sur l'efficacité respective des différentes publicités programmées au cours de l'année passée, ce palmarès met en relief plusieurs caractéristiques. Trois sont particulièrement révélatrices de l'évolution actuelle de la société.
La
première ? L'individualisation. La publicité interpelle en effet le
consommateur en tant qu'individu à part entière, et non plus comme le
représentant d'un hypothétique segment de marché. Selon Marie-Odile Duflo, directeur général d'Ipsos ASI France, elles
expriment tout d'abord un souci de crédibilité en présentant les consommateurs
comme « de vrais gens qui ne sont ni
des archétypes, ni des caricatures ». Le comportement du consommateur
y est aussi « vrai et sans
complexe ». Les mises en scène ne sont pas là pour vanter les
mérites de tel produit ou de telle marque, mais pour témoigner de situations
d'usage.
Deuxième caractéristique : la complexité des comportements individuels.
Les enquêteurs révèlent ici une nouvelle approche de la publicité, au travers
de laquelle les publicitaires tentent d'appréhender le consommateur dans la
multiplicité de ses rôles. Il n'est plus soit un travailleur, soit un citoyen
responsable, soit un chef de famille, soit un sportif ou un artiste,.... Il est
tout à la fois.
Autonome et capable d'organiser son propre espace, il apparaît
dans les pubs du palmarès comme un individu de moins en moins influencé par les
tabous : la publicité peut donc lui parler de prix, de concurrents, de
bancs d'essais,...
Troisième
caractéristique enfin, l'individu n'est plus un consommateur passif. Pratiques
de l'achat en ligne, des comparateurs de prix, des enchères sur internet,... il est
devenu un acteur à part entière du système marchand. Du coup, les marques font
profil bas et adoptent une posture relativement humble dans les communications
du Palmarès. Elles ne lui disent pas ce qu'il faut faire, elles proposent.
Andrée Muller
- Journaliste, écrivain - Auteure de La net économie,
PUF 2007, collection Que sais-je ?











