Véritable buzz sur le net, l'étude de la chercheuse le Tracy Packiam Alloway, psychologue et directrice du département du langage et de la mémoire à l'université de Stirling en Ecosse, fait des remous. Elle résume son analyse dans une interview donnée au quotidien anglais The Télégraph par ce constat : Facebook améliore l'intelligence tandis que Twitter la diminue. L'idée ? Garder le contact avec ses amis via des réseaux sociaux genre Facebook favorise la « mémoire de travail » (working memory), exactement comme jouer à des jeux vidéo de guerre ou résoudre des Sudoku. A l'inverse, recevoir de façon passive des messages écrits sur Twitter ou regarder YouTube fragilisent cette fameuse mémoire de travail. Et ce serait parce qu'il nous faut fournir des efforts pour entretenir et développer les liens avec nos amis, que les réseaux sociaux stimuleraient nos fonctions cognitives. Tandis que les sites de micro blogging qui nous envoient des flots ininterrompus d'informations très succinctes, nous flétriraient les synapses car ils nous confortent dans notre passivité de spectateur.
L'important est de faire travailler ses
neurones. Un programme d'entraînement de la mémoire de travail développé
par l'équipe de Tracy Alloway a ainsi été testé auprès d'enfants de 11 à 14 ans,
en difficultés scolaires. Les résultats seraient, selon la chercheuse,
particulièrement éloquents : après huit semaines de formation, les enfants
auraient amélioré leur QI de dix points, avec en plus des progrès dans
l'acquisition du langage. Conscience de l'utilité de l'information, démarche de
mémorisation et d'usage,... sur ce point, Tracy Alloway distingue aussi les jeux
vidéos qui, comme la série des Total War,
impliquent effort de traitement de l'information et réflexion stratégique. « Je ne dis pas qu'ils sont bons pour
vos capacités de socialisation, mais ils vous font utiliser votre mémoire de
travail, » souligne-t-elle.
Informations actives
et informations passives. Mémoriser pour agir, c'est donc en cela que Facebook
serait un accélérateur d'activité cérébrale. Qu'il s'agisse de mettre à jour
son profil, de maintenir le contact avec ses amis du web ou de peaufiner sa
réputation numérique, le plus important est donc d'apprendre à se servir des informations.
L'objectif ? Retenir celles que l'on pourra utiliser plus tard... C'est lors
d'une conférence tenue dans le cadre du festival des sciences à l'université de
Surrey en Grande-Bretagne, que Tracy Alloway a ainsi différencié les rôles entre
informations passives et informations actives. Reste à savoir maintenant à
quels enfants exactement s'applique ce constat ? Dans quelles
conditions ? Et avec quels préalables ?
Andrée Muller - Journaliste, écrivain - Auteure de La net économie, PUF 2007, collection Que sais-je ?











