La génération donnant-donnant

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Mercredi 8 Février 2012
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Psychologie - Rencontres
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La génération  donnant-donnant
Les jeunes salariés négocient leur emploi. Ils sont prêts à s'investir, mais sous condition... Voici les résultats d'une étude de La Cegos qui décrit ce nouveau type de salariat.
 Les salariés âgés de 20 à 30 ans contractualisent leur relation de travail dans la logique du donnant-donnant. Ils font constamment la balance entre vie privée et vie professionnelle. Ils n'acceptent pas de sacrifier leurs projets personnels à des promesses de carrière. Ils sont prêts à s'investir dans leur travail, mais pas à n'importe quel prix... Les résultats de l'étude menée en Avril 2009 par La Cegos auprès d'un millier de jeunes de 20 à 30 ans montre que cette fameuse génération « Y » définit une nouvelle forme de salariat, en rupture avec les idées et les habitudes de ses aînés. Et ce de façon universelle, indépendamment des catégories socioprofessionnelles, de l'âge et du sexe.


De l'argent, tout de suite. Les salariés de la génération « Y » travaillent en priorité pour gagner de l'argent (91 % des réponses), puis pour s'épanouir (53 %) et disposer d'un statut social (48 %). Un sur cinq seulement estime que le travail lui procurera une place dans la société. Sur ce point, c'est la famille qui emporte la palme (première priorité pour 78 % d'entre eux). Pouvoir de l'argent et des proches, quelle conséquence ? Quand ils choisissent une entreprise, les jeunes salariés regardent d'abord le niveau de rémunération proposé, avant les opportunités de carrière. Cette importance de la rémunération est prioritaire aussi bien à l'embauche (critère principal pour 62 % d'entre eux) qu'au regard des perspectives d'évolution (35 %). L'intérêt du travail et l'image de l'entreprise ne viennent qu'après, aux quatrième et cinquième rang. Plus loin encore au fond du classement, la flexibilité des horaires et les missions à l'international arrivent aux dix-huitième et vingtième rang... sur vingt critères.


Individualisation et culture web. A nouvelles priorités, nouvelles façons de travailler ? Quoi qu'il en soit, une chose est sûre : les jeunes salariés décapent les vieux principes d'organisation du travail. Ils attendent d'avantage d'expertise que de contrôle de la part de leurs managers. Ils ne refusent pas la hiérarchie en tant que telle, mais veulent que l'autorité et les règles soient légitimes, justifiées, consenties... Génération du web, des forums et du partage d'expérience, c'est aux collègues qu'ils font le plus confiance (53 % des répondants). Quant à la pérennité de l'emploi, un sur trois seulement s'y intéresse. Ils se disent même prêts à changer d'employeur si les relations de travail se détériorent. De fait, dégradation de l'ambiance et manque d'intérêt du job sont les deux premières raisons pour lesquelles ils s'avouent prêts à quitter leur entreprise... Et si finalement c'étaient eux qui gèrent le mieux leur « employabilité » aujourd'hui ?

Andrée Muller - Journaliste, écrivain - Auteure de La net économie, PUF 2007, collection Que sais-je ? 


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