Une médecine douce. Utilisée actuellement dans de nombreux centres de traitement de la douleur, l'hypnose sert également en chirurgie, pour les petites interventions lorsque l'anesthésie est contre-indiquée. Elle se pratique aussi auprès des patients atteints de maladies chroniques psychosomatiques comme les douleurs abdominales, les problèmes d'asthme ou encore les migraines. Enfin, elle intervient dans les domaines de la psychologie et de la psychiatrie comme le traitement de l'anxiété, de la dépression ou de la fatigue. Ainsi Hypnosiscentre de soins spécialisé dans les applications médicales de l'hypnose dirigé par le Dr Jean Marc Benhaiem, hypnothérapeute à l'hôpital de la Pitié Salpetrière, accueille des enfants, des adolescents et des adultes, en thérapie individuelle ou de groupe. Attention toutefois prévient Thierry Servillat : " On ne guérit pas des maladies graves comme le cancer par l'hypnose ". Idem pour les addictions de type tabagisme : " Cette méthode n'est pas forcément plus utile que ce qui existe déjà comme l'homéopathie, l'acupuncture ou la relaxation. L'hypnose est un outil parmi d'autres.
Comment ça marche ? Pas de méthode universelle. Thalassothérapeute pourra demander à son patient de fermer les yeux, de s'installer confortablement dans un fauteuil et de se concentrer sur les sensations qu'il ressent en respirant, en posant ses pieds sur le sol,.... L'idée est de faire en sorte que cet état de conscience modifié favorise l'expression de l'inconscient. C'est d'ailleurs sur ce principe que s'appuient la plupart des méthodes d'autohypnose. On peut acheter certaines de ces méthodes sous forme de livres ou même de fichiers audio (appelés "audiocaments"). Mais attention, leur efficacité, sinon leur utilité, est bien souvent contestée.
Un domaine de recherche actif. A l'Université de Genève par exemple, des chercheurs ont étudié par IRM (imagerie par résonance magnétique) le fonctionnement du cerveau sous hypnose. Dirigée par Patrik Vuilleumier et Yann Cojan, l'équipe a mené l'expérience auprès d'une douzaine de patients particulièrement sensibles à l'hypnose. Ils devaient appuyer sur un bouton avec la main alors même qu'on leur avait suggéré par hypnose que cette main était paralysée. En parallèle, six autres intervenants devaient agir comme s'ils étaient incapables de bouger leur main. Tout au long de cette expérience, les chercheurs ont mesuré par IRM l'activité cérébrale de tous (lire l'article Le cerveau observé sous hypnose de Jean-Jacques Perrier publié sur le site pourlascience.fr). Résultats ? L'hypnose reconfigure la communication entre les différentes zones du cerveau. Et confirme ainsi le pouvoir de la suggestion hypnotique.
Andrée Muller - Journaliste, écrivain - Auteure de La net économie, PUF 2007, collection Que sais-je ?











