Deux groupes ont été formés au sein d'une population de personnes âgées. Seule distinction entre eux, celles du premier groupe avaient beaucoup d'amis, tandis que celles du deuxième n'en possédaient que très peu. Les deux groupes ont été suivis et observés pendant dix ans. Résultat : les personnes du premier groupe ont une espérance de vie supérieure de 22% à celles du deuxième... Cela aurait pu être une histoire écrite à leur propre éloge par les supporters de réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook. Pas du tout.
Réalisée par des universitaires spécialistes de la gériatrie, de la psychologie, des mathématiques appliquées,... cette étude a été menée dans un cadre scientifique auprès de 1477 personnes âgées de 70 ans et plus. Objet de la recherche : analyser l'impact des réseaux sociaux sur la santé des seniors. Et de fait, elle a mis en relief une caractéristique sociale particulièrement étonnante : les relations avec les enfants n'ont eu aucun impact significatif sur la longévité des participants à l'enquête, tandis qu'à l'inverse leurs relations amicales ont eu des effets très bénéfiques.
L'idée que les relations sociales influent sur la santé et la longévité des hommes et des femmes n'est pas nouvelle. Chercheurs et médecins sont de plus en plus nombreux à reconnaître l'effet protecteur des relations sociales sur l'espérance de vie. Plusieurs études ont déjà montré que ces relations ont une influence bénéfique sur le moral et la santé. Néanmoins, les chercheurs australiens reconnaissent que les mécanismes exacts par lesquels l'amitié et les relations sociales influent sur la santé sont encore très mal définis.
Andrée Muller - Journaliste, écrivain - Auteure de La net économie, PUF 2007, collection Que sais-je ?











