Votre cheminée a-t-elle un bon rendement écologique ? De la remise en cause du tout nucléaire à l'augmentation incessante du coût du carburant, cette question est plus que jamais à l'ordre du jour. Si les cheminées reviennent en force comme moyen de chauffage principal grâce à l'arrivée des foyers fermés, des inserts et des poêles-cheminées, il est néanmoins légitime de s'assurer de la bonne tenue de leur bilan énergétique.
Le retour en force du poêle. Reprenant le conduit d'évacuation des fumées existant dans de nombreux appartements anciens, les poêles-cheminées sont faciles à installer. Efficaces en tant que poêle, ils offrent aussi un feu à contempler comme une cheminée à foyer fermé. Autre avantage : les acquéreurs de poêles-cheminées peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt. En effet, comme pour les cheminées, la performance énergétique des poêles a été grandement améliorée. Ils sont en mesure à présent de chauffer longtemps de grands volumes à l'instar d'un chauffage central, mais de façon beaucoup plus économique et écologique.
La double combustion pour moins polluer. Le rendement écologique de combustion se mesure en taux de CO2 et d'hydrocarbures par rapport au volume du bois consumé. Autrefois aux alentours de 15 à 17 %, la norme européenne a fixé ce pourcentage à 0,5 % maximum ! Ainsi, on est passé de 800 grammes d'hydrocarbures par kilogramme de bois brûlé à... 10 grammes. Ce progrès est dû, entre autres, à la double combustion. Comparable à la post combustion d'un réacteur d'avion, cette double combustion consiste en une distribution par des tuyères d'air préchauffé, en partie haute de la chambre de combustion. Les gaz et les particules émis par la primo combustion s'enflamment au contact de ces tuyères et sont détruits à 90 %. Ce processus est d'autant plus efficace que la chaleur est élevée, plus de 600°C.
Deux techniques. L'apport en air secondaire, indispensable à la double combustion, est régulé de façon classique par des ouïes à bilames qui ouvrent ou ferment les volets d'air afin d'en moduler le débit en fonction de la combustion. Une autre technique, nouvelle dans la double combustion des cheminées, consiste à installer des catalyseurs. Semblable dans le principe au pot catalytique d'une automobile, le catalyseur de cheminée ou de poêle est une brique en nid d'abeille fabriquée en céramique et recouverte de produits catalyseurs spécifiques. La catalyse permet à des produits ou des gaz de s'enflammer à une température plus basse que leur point éclair propre. La réaction catalytique la plus courante est celle du sucre qui ne s'enflamme pas à la flamme d'un briquet alors alors qu'il s'enflamme une fois recouvert de cendre : la cendre agit comme un catalyseur en permettant sa combustion à température moins élevée.
D'autre matériaux. Pour augmenter le rendement énergétique d'une cheminée, il est nécessaire d'accroître les capacités d'accumulation et de diffusion de la chaleur. La double combustion exige en effet des feux nourris pendant un temps relativement court. Les innovations récentes portent donc sur les capacités d'accumulation, afin de restituer sur le long terme la chaleur ponctuelle d'un feu plus bref. Conséquence : dans les poêles et les inserts, la fonte cède aujourd'hui sa place à des matériaux réfractaires comme la stéatite, la chamotte ou la vermiculite. La stéatite est une roche de la famille des pierres ollaires, proche du talc et de la pierre à savon. La vermiculite est proche pour sa part de l'amiante par ses capacités isolantes et réfractaires (sans émission de fibres et particules dangereuses). La chamotte est quant à elle, une argile cuite utilisée traditionnellement dans la fabrication des briques réfractaires. Ces matériaux permettent de stocker la chaleur produite par le foyer, puis de la diffuser pendant huit à vingt quatre heures feu éteint. Ces poêles et cheminées à accumulation (ou post radiants) permettent également une montée en température plus rapide et une chaleur de combustion plus élevée. La température de combustion atteint ainsi aisément les 900°C. Les cheminées arrivent ainsi au rendement idéal : entre les 600°C indispensables à la combustion la plus complète des gaz et hydrocarbures et les 1000°C au-dessus desquels les gaz émis sont générateurs de pluies acides.
Paul-André, rédaction de MaNews











