A l'adolescence l'enfant cherche son identité, il se découvre. Il s'apprête à quitter le monde de l'enfance pour entrer dans celui des adultes. Ni enfant, ni adulte, il cherche sa place. L'ado veut se différencier des autres et de ses parents. Alors il s'affirme et teste ses limites : c'est le début de la crise d'adolescence. Jusqu'au moment où il ne veut plus bouger. Il reste allongé sur le canapé à regarder la télé ou derrière l'ordinateur. Il ne va plus faire de sport et préfère jouer aux jeux vidéo plutôt que de faire une activité familiale. En tant que parent, cette attitude est aussi agaçante qu'inquiétante. Quel est le problème ? Que pouvons-nous faire ?
Pourquoi les ados ne veulent plus bouger ? La puberté engendre d'importants changements hormonaux. Il s'ensuit inévitablement une réelle fatigue. C'est une période de bouleversement physique et psychique difficile à aborder :
Le physique. N'oublions pas que les journées d'un enfant sont bien remplies. Levé tôt (surtout s'il est tributaire des transports en commun) pour se rendre au lycée où il doit se montrer attentif et concentré en classe. Le retour est parfois tardif, il doit encore faire ses devoirs et pratiquer une activité (sport, musique...). Certains vivent mal ces contraintes quotidiennes, ils se sentent fatigués, stressés et incapables de réussir dans tous les domaines.
Le psychique. Il ne sait plus comment occuper son temps libre. Ses activités d'enfant ne l'intéressent plus et il n'a pas encore d'autres centres d'intérêts. Alors il se met au ralenti. Et puis c'est aussi un plaisir que de ne rien faire... après tout, l'ado adore « glander » ! Et par envie d'opposition, l'hyperactivité de ses parents (travail, courses, ménage...) l'irrite. Il ne veut surtout pas s'identifier à eux et encore moins répondre à leurs doléances (fais tes devoirs, range ta chambre, fais ceci, ne fait pas ça...). A consulter Je ne supporte pas sa paresse.
Doit-on s'inquiéter ? La plupart du temps les parents ont tendance à dramatiser la situation. Dans un premier temps, laissez-le faire ou plutôt ne rien faire. En fait, l'inactivité lui permet de rêver, de se ressourcer et de réfléchir à son avenir. Laissons-le profiter de cette période de repos pour trouver une solution à ses problèmes. Souvent l'enfant gère très bien son stress seul et les choses rentrent rapidement dans l'ordre. Le rôle des parents est de l'épauler sans l'étouffer ni le juger. Accompagnons-le discrètement dans sa quête de lui-même tout en veillant à ce que cet état d'oisiveté ne cache pas un mal plus important. Si à cela s'ajoute un désintérêt profond pour tout ce qui l'entoure, un isolement relationnel, une rupture de dialogue ou des troubles de l'alimentation et du sommeil, il est possible que ce soit le signe d'une déprime. Pour d'autres renseignements vous pouvez lire : Comment reconnaitre un ado qui va mal.
Comment les motiver ? Dans un deuxième temps, expliquez-lui que vous comprenez qu'il soit dans une période de transition, mais qu'il vous semble important pour son développement de reprendre une activité physique. Soyez ferme sur ce point et incitez-le à choisir entre plusieurs disciplines. Les sports de glisse ont la cote chez les ados : roller, skate, wakeboard, kitesurf et bien sûr le surf... leader de sa catégorie. Il est primordial que la décision vienne de lui. Vous pouvez aussi lui proposer de découvrir d'autres activités ou centres d'intérêts en l'informant sur un stage sportif ou de découverte, ou encore un workshop (atelier de travail et d'échange).
Et s'il refuse ? Il faut ouvrir le dialogue dès qu'on a le sentiment que l'ado va mal. Il est important qu'il mette des mots sur son comportement. L'enfant doit faire face à ses difficultés plutôt que de les fuir. En tant que parent, vous devez l'encourager et lui montrer votre confiance en lui. Néanmoins, sachez qu'un enfant a souvent du mal à communiquer avec ses parents. Dans ce cas, conseillez-lui de se confier à une tierce personne. Après cela, si vous sentez qu'il s'enfonce dans une attitude destructrice (isolement social et culturel, alcool, drogues...), envisagez un suivi médical et psychologique. Attendez-vous à son refus de consulter un thérapeute car souvent l'ado n'admet pas sa souffrance. Pour l'aider à assumer, vous pouvez lui proposer de suivre une thérapie familiale, plus sécurisante pour lui.
Karine, rédaction de MaNews











