« Depuis la nuit des temps, l'histoire des pères et des mères prospèrent. Sans sommaire et sans faire d'impairs, j'énumère pèle-mêle, Pères Mères. Il y a des pères détestables et des mères héroïques. Il y a des pères exemplaires et des merdiques. Il y a les mères un peu père et les pères maman. Il y a les pères intérimaires et les permanent. Il y a les pères imaginaires et les pères fictions. Et puis les pères qui coopèrent à la perfection... » Ce poème est du slam. Cet art oratoire qui consiste à déclamer des textes sur une scène et né à Chicago (Etats Unis) dans les années 90. En France, sa figure de proue est sans conteste Grand Corps Malade. Auteur des lignes citées ci-dessus, cet artiste s'aide d'une béquille pour déplacer son 1m94.
Pourquoi un tel nom ? De son vrai nom Fabien Marsaud, Grand Corps Malade
doit son pseudo à sa taille et à son handicap. En effet, âgé de vingt ans,
il se déplace les vertèbres après avoir fait un mauvais plongeon dans une
piscine. Alors qu'il se rêvait grand basketteur, on lui annonce qu'il est
tétraplégique, mais il recouvrira petit à petit l'usage de ses jambes. Il
profitera de sa longue convalescence pour se tourner vers la poésie et
découvrira le slam. A partir de 2003, il commence à déclamer ses textes en
public dans des lieux intimistes. Il y raconte Saint-Denis, la ville où il a
grandi, mais aussi l'amour, l'espoir, le quotidien...
Un succès rapide mais durable. Il remporte alors très vite plusieurs grands tournois de slam, fait la première partie d'artistes comme Elie Semoun, Mouss et Hakim (ancien membre du groupe Zebda) ou Cheb Mami. Il multiplie spectacles et festivals. En 2005, il fonde l'association Flow d'Encre par l'intermédiaire de laquelle il anime des ateliers d'écriture. C'est un ami compositeur, S Petit Nico, qui lui propose de transposer ses morceaux en musique. Il sort ainsi son premier album, Midi 20, qui se détache quelque peu des règles de bases du slam mais connaît le succès, puisqu'il se classe dans le top 10 des ventes d'album en France en 2006. Deux ans plus tard, Grand Corps Malade revient avec un deuxième album baptisé Enfant de la ville et repart en tournée. Son style peut paraître trop peu entraînant, certains même dirons ennuyant mais une chose est sûre, sa prose est un délice qui n'aime pas les artifices. Grand Corps Malade chante ainsi parfois a cappella ou accompagné d'une musique à peine audible. Vous pouvez ne pas aimez mais vous vous devez de lire ces textes ou d'aller le voir au cinéma... puisque le slammeur a prêté sa voix grave à l'un des personnages du troisième volet de la saga "Toy Story" !
Fatima Rougi, journaliste - auteure du
blog DailyRougi











