« Quand je fabrique mes produits, je regarde autant ce dont j'ai besoin que ce que j'ai envie de faire ». Joindre l'utile à l'agréable mais aussi protéger l'environnement, telle est la démarche de Sylvie Nouvel. Vendeuse de produits de soins et passionnée du « fait maison », cette jeune femme de 32 ans confectionne ses propres crèmes pour le visage, gels pour le corps et nettoyants pour la maison. Facile, dit-elle.
Un équipement très simple. Un petit fouet à main, un base aqueuse ou huileuse, un chauffe plat et quelques huiles essentielles : exécutable en cinq à vingt minutes, les recettes varient mais le processus de fabrication reste le même. On mélange une base (huile végétale ou aqueuse) avec des composants (actifs s'il s'agit d'huiles essentielles ou simplement olfactifs pour les extraits aromatiques), on chauffe le tout et on ajoute éventuellement un conservateur naturel, extraits de pépins de raisin par exemple. « La différence entre les cosmétiques conventionnels et les bios est qu'il est inutile avec ces derniers de disposer d'une multitude de produits ». Une seule crème pour le visage et un seul gel de corps suffisent. L'enjeu n'est plus de multiplier les produits mais d'adopter ceux qui nous conviennent le mieux. « Un produit à base d'Aloe Vera peut s'utiliser aussi bien comme une crème d'après soleil que comme un gel pour se laver les mains sans les rincer ». Sans compter que cette démarche du « fait maison » présente un avantage économique certain : confectionner une crème bio pour le visage vous en coûtera en tout et pour tout entre trois et huit euros suivant les huiles essentielles choisies, contre une trentaine d'euros pour son équivalent dans le commerce.
Attention aux huiles essentielles. Principe actif de la cosmétique bio, l'huile essentielle exige toutefois des précautions d'usage. Certains composants peuvent entraîner des réactions allergiques sur telle ou telle personne, d'autres aggravent l'effet néfaste du soleil (photosensibilité des huiles essentielles d'agrumes, excepté la clémentine), d'autres encore peuvent être dangereuses pour les femmes enceintes... « Il faut s'informer le plus possible avant d'acheter », conseille Sylvie Nouvel. Du site aroma-zone.com où elle fait le plus gros de ses achats en tubes, pots, huiles végétales et essentielles à son livre de chevet, Mes 15 huiles essentielles de la pharmacienne Danièle Festy, en passant par les boutiques de Nature et Découvertes, le plus important pour Sylvie Nouvel est de poser, et de se poser, les bonnes questions. Indispensable par exemple de toujours vérifier que le schéma d'identification figure bien sur le flacon, qu'il s'agit réellement d'huile essentielle et non de « produit à base d'huile essentielle », d'en tester au préalable les effets cutanés dans la paume de la main... « Ce n'est qu'au fur et à mesure que l'on apprend à les connaître, et à bien les utiliser », souligne-t-elle. Ensuite tout est possible, utilisation en cuisine ou en bien être pour leurs qualités aromatiques, en cosmétique ou en parapharmacie pour leurs effets actifs.
Andrée Muller - Journaliste, écrivain - Auteure de La net économie, PUF 2007, collection Que sais-je ?











